National Privacy Test 2026 : les Français sont-ils bien préparés face aux cybermenaces ?

Le National Privacy Test (test national de confidentialité) annuel de NordVPN est de retour. Cette année, plus de 20 000 internautes issus d’au moins 27 pays ont répondu à 24 questions concernant leur confidentialité en ligne et leur cybersécurité. Quels sont les résultats de la Belgique ? Poursuivez votre lecture pour le découvrir.

Une femme assise sur un banc consulte les résultats du National Privacy Test sur son téléphone.

À propos du National Privacy Test

Le « National Privacy Test » est une initiative lancée par NordVPN en 2020, conçue pour évaluer dans quelle mesure les internautes sont sensibilisés à la confidentialité et aux risques de sécurité en ligne. Le test est accessible à toute personne connectée à Internet et ne fixe aucune condition d’âge, de sexe ou d’origine, ce qui signifie qu’il n’est pas représentatif de la population nationale.

L'édition 2026 comporte quelques modifications, notamment plusieurs questions qui ont été remplacées ou reformulées afin d'aborder des sujets d'actualité, tels que les risques liés à l'intelligence artificielle en matière de vie privée, la détection des deepfakes et les nouvelles menaces de cybersécurité, telles que le quishing (phishing par QR code) et les arnaques liées aux bornes de recharge USB.

En raison de ces nouvelles révisions, les résultats du test de cette année ne sont pas comparables à ceux des éditions précédentes. Ainsi, cette année, les résultats du test sont comparés selon deux critères : entre les pays participants, afin de mettre en évidence les plus performants, et par rapport à la moyenne globale, afin de déterminer si un pays se situe au-dessus ou en dessous de la norme mondiale.

Méthodologie

Le National Privacy Test 2026 se compose de 24 questions réparties en trois catégories :

  • Habitudes numériques quotidiennes. Les questions sont conçues pour évaluer dans quelle mesure les personnes gèrent les aspects courants et quotidiens de leur vie numérique, notamment la gestion des autorisations accordées aux applications, la mise à jour des logiciels ou l’utilisation sécurisée du Wi-Fi public.
  • Sensibilisation à la vie privée. Les questions visent à évaluer dans quelle mesure les répondants comprennent la notion générale de confidentialité en ligne, notamment la manière dont leurs données sont collectées, stockées et utilisées par les entreprises et les plateformes. Cette catégorie couvre des sujets tels que le choix de mots de passe sécurisés, la sensibilisation au suivi des données ainsi que la compréhension des logiciels malveillants et des infostealers.
  • Risques numériques. Les questions visent à évaluer la manière dont les utilisateurs réagissent face à des situations à risque spécifiques qu’ils peuvent rencontrer en ligne. Cette catégorie couvre des scénarios tels que la reconnaissance des deepfakes, l’enregistrement des informations de paiement dans un navigateur, la réaction face à des e-mails suspects et la compréhension des informations qui ne doivent pas être partagées avec des outils d’IA.

Le score du test s’étend de 0 à 100 et reflète le niveau de compréhension d’une personne en matière de confidentialité en ligne et de cybersécurité. Chaque réponse correcte représente environ 4,15 % du score final, un score élevé traduisant une meilleure sensibilisation et de meilleures connaissances. En fonction de ce score, des « cyber-personas » sont attribués aux participants (plus d’informations à ce sujet ci-dessous).

À la date de rédaction de cet article, 23 181 personnes ont passé le test, contre 30 792 en 2025 et 25 567 en 2024. Parmi les pays participants figuraient l’Argentine, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Brésil, le Canada, la Corée du Sud, le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Lituanie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, Singapour, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni.

Les chiffres présentés dans cet article de blog reflètent les réponses recueillies jusqu'au 31 juillet 2026. Si les résultats affichés sur le site web du NPT semblent légèrement différents, c'est parce que davantage de personnes ont passé le test depuis cette date.

Remarque : l'ensemble de données démographiques du NPT 2026 couvre environ 23 200 répondants à l'échelle mondiale, mais l'échantillon n'est pas représentatif de la population générale. Les données proviennent de personnes qui passent volontairement un test de confidentialité en ligne ; elles reflètent donc probablement des groupes plus actifs sur le plan numérique. Il convient de tenir compte de cette limite d’échantillonnage lors de la comparaison des résultats.

Les cyber-personas

En fonction de leurs résultats au National Privacy Test, les participants se voient attribuer l’une des quatre cyber-personas suivantes :

  • « Cyber-explorateur » (score de 1 à 24 %). Les Cyber-explorateurs ont des connaissances très limitées en matière de sécurité informatique. Ils ignorent en grande partie comment protéger leurs comptes, leurs appareils ou leurs données personnelles, et sont probablement les plus exposés aux menaces numériques courantes.
  • « Cyber-touriste » (score de 25 à 49 %). Les Cyber-touristes ont une certaine sensibilisation de base, mais commettent encore des erreurs courantes. Ils peuvent reconnaître certaines menaces de manière générale, mais ne savent souvent pas comment y faire face dans la pratique.
  • « Cyber-aventurier » (score de 50 à 74 %). Les Cyber-aventuriers maîtrisent la plupart des enjeux quotidiens liés à la confidentialité et à la sécurité en ligne. Ils savent se protéger dans de nombreuses situations et adoptent des habitudes numériques relativement bonnes, mais présentent encore des lacunes concernant des domaines de menaces plus spécialisés ou plus récents.
  • « Cyber Star » (score de 75 à 100 %). Les Cyber Stars possèdent les connaissances les plus solides. Ils sont bien informés des risques en ligne, comprennent comment leurs données sont collectées et utilisées, et adoptent systématiquement des pratiques numériques sûres.

Au moment de la rédaction de cet article, 2 % des participants au NPT 2026 étaient des « Cyber Stars », 3 % des « Cyber-explorateurs », 42 % des « Cyber-aventuriers » et 53 % des « Cyber-touristes ».

Quels sont les résultats de cette année ?

Les résultats du NPT 2026 se situent juste en dessous de la barre des 50 points, avec un score mondial de 46 points. Concrètement, dans l’ensemble des pays participants, la moyenne des internautes répond correctement à moins de la moitié des questions du National Privacy Test. Un score de 46 signifie qu’en moyenne, environ une réponse sur deux est incorrecte.

En ce qui concerne les trois catégories, le score mondial moyen était de 30 points pour la catégorie « Habitudes numériques quotidiennes », de 51 points pour la « Sensibilisation à la vie privée » et de 53 points pour les « Risques numériques ». L’écart entre la connaissance des menaces pesant sur la vie privée (51 et 53 points) et l’adoption d’habitudes numériques sûres (seulement 30 points) suggère que les personnes sondées comprennent les notions liées à la confidentialité à un niveau modéré, mais sont beaucoup moins enclines à appliquer cette compréhension à leur comportement quotidien en ligne.

Les résultats de cette année révèlent trois écarts constants entre des sujets connexes, notamment 

  • La création et le stockage des mots de passe. Presque tout le monde sait comment créer un mot de passe fort (96 %), mais presque personne ne sait où le stocker en toute sécurité (18 %). Cet écart constitue la plus grande contradiction mise en évidence par le test.
  • Les risques liés à l'IA. La plupart des gens savent que les publications sur les réseaux sociaux peuvent servir à entraîner des modèles d'IA (91 %), mais ils sont bien moins nombreux à savoir quelles informations ne doivent pas être partagées avec des outils d'IA (57 %), et presque personne ne comprend les enjeux de confidentialité liés à l'IA au travail (5 %).
  • Le suivi des données. Une large majorité des participants sait que les entreprises collectent leurs données de navigation (83 %), mais une part bien plus réduite comprend ce que sont les cookies (24 %), à quelles données les applications accèdent via les autorisations (8 %), ou encore quels outils existent pour limiter le suivi (près de 0 %). Cela suggère que les participants comprennent le concept abstrait du suivi en ligne, mais ignorent les mécanismes du suivi basé sur l’IA et les moyens de le limiter.

Quels sont les résultats de la Belgique ?

Avec un score de 46 au National Privacy Test, la Belgique grimpe à la 6ème place du classement mondial en matière de confidentialité et de sécurité en ligne ; une nette amélioration par rapport à l’année dernière, où elle occupait la 11ème place. Elle arrive ainsi ex-æquo avec le Portugal, l’Australie, les Pays-Bas et l’Irlande.

La Belgique est le pays qui se rapproche le plus des Pays-Bas, mais avec des priorités légèrement différentes. Son principal point fort réside dans la sensibilisation à la nécessité de mettre à jour ses applications rapidement. Ils font également preuve d’une forte sensibilisation aux pratiques de suivi de Meta et aux autorisations demandées par les applications. Ainsi, les Belges se distinguent par leur capacité à comprendre à la fois pourquoi et comment maintenir les outils numériques à jour et veiller au respect des autorisations.

Les Belges maîtrisent bien la création de mots de passe forts, les paramètres de confidentialité sur les réseaux sociaux et la sensibilisation à l'entraînement des modèles IA par les contenus sur les réseaux. Tous ces domaines affichent un taux supérieur à 93 %.

Cependant, ils sont moins à l’aise concernant les outils de confidentialité en ligne, la confidentialité liée à l'utilisation de l’IA sur le lieu de travail et la sécurité des réseaux Wi-Fi publics, tous ces sujets recueillant moins de 4 % de bonnes réponses.

D’autre part, la Belgique partage avec les Pays-Bas une curieuse faiblesse en matière de sensibilisation à la collecte des données de navigation, bien qu’à un degré inférieur. Elle affiche également des résultats relativement faibles en ce qui concerne la réaction à avoir face aux e-mails frauduleux, ainsi que la lecture des conditions générales d'utilisation. Le score de la Belgique concernant les habitudes numériques quotidiennes est nettement supérieur à celui des Néerlandais, ce qui la place parmi les pays d’Europe occidentale les plus axés sur les habitudes pratiques.

Les cyber-personas belges

La Belgique compte 4 % de Cyber-explorateurs, 51 % de Cyber-touristes, 42 % de Cyber-aventuriers et 3 % de Cyber-stars.

Si la proportion de Cyber-explorateurs (qui présentent des scores entre 1 et 24 %) a augmenté, c’est également le cas des Cyber-stars (qui ont obtenu entre 75 et 100 % de bonnes réponses).

Tout comme les autres pays ayant participé au test, la majorité des répondants belges se situe à un niveau de connaissance intermédiaire.

Tendances mondiales

D’après les résultats du NPT de cette année, l’Europe est la région la plus performante dans l’ensemble et la plus diversifiée en son sein. Ses points forts résident dans la sensibilisation à la protection des données : les répondants européens surpassent la moyenne mondiale en matière de connaissance des pratiques de suivi de Meta, de stockage sécurisé des mots de passe et des risques liés aux informations de cartes de crédit enregistrées dans les navigateurs. Cette tendance reflète probablement l’influence culturelle et réglementaire du RGPD.

Quant à la région Asie-Pacifique, Singapour arrive en tête du classement mondial du NPT, tandis que la Corée du Sud se classe ex æquo à la dernière place avec l’Argentine et l’Italie. Le point fort caractéristique de cette région réside dans la lecture des conditions d’utilisation et la sensibilisation aux infections par des logiciels malveillants. Sa principale faiblesse concerne la sensibilisation à la collecte de données par Meta, qui s’explique probablement par la présence plus faible de Meta sur le marché dans certaines parties de l’Asie.

L’Amérique du Nord affiche un solide niveau de connaissances en matière de logiciels malveillants, de réactivité face à la fraude bancaire et d’identification des deepfakes. Ces points forts reflètent une grande culture médiatique concernant les menaces de cybersécurité. Cependant, la région présente des lacunes importantes, notamment en matière de sensibilisation aux mises à jour des applications, de stockage des mots de passe et de risques liés aux QR codes. Les États-Unis devancent légèrement le Canada, principalement grâce à une meilleure sensibilisation aux logiciels malveillants et à une meilleure reconnaissance des menaces.

Enfin, l’Amérique latine obtient le score le plus faible, bien que l’écart par rapport à la moyenne mondiale soit modeste (42,7 contre 46 points). Les points forts relatifs de la région sont les comportements à adopter face à la fraude bancaire et en matière de mise à jour des applications, ce qui suggère une bonne sensibilisation aux mesures de sécurité pratiques et essentielles. Parmi ses faiblesses figurent la reconnaissance des arnaques basées sur l’IA, la sensibilisation au partage de données via les outils d’IA et la gestion des comptes inactifs. L’Argentine affiche les résultats les plus faibles, avec des scores particulièrement bas concernant le stockage des mots de passe et la sensibilisation aux logiciels infostealers.

Particularités de l’analyse démographique

On pense souvent que l’âge constitue le principal facteur de division en matière de technologie et de cybermenaces. À première vue, les résultats du NPT 2026 semblent corroborer cette idée : les faiblesses du groupe des 65 ans et plus concernent notamment les risques émergents liés à la cybersécurité physique, les bonnes habitudes numériques et les nouveaux types de menaces, ce qui indique des priorités éducatives concrètes et ciblées plutôt qu’un besoin de sensibilisation générale.

Cependant, le discours selon lequel « les jeunes sont des natifs du numérique » n’est pas non plus tout à fait exact. Les jeunes adultes sont certes plus aptes à reconnaître les menaces récentes, telles que les risques liés à la recharge des appareils via USB ou les arnaques par QR code, mais ils ont obtenu des scores inférieurs à ceux des adultes plus âgés en matière de reconnaissance des schémas d’arnaque, de réponse appropriée aux e-mails frauduleux et concernant la compréhension des autorisations accordées aux applications. Ces résultats suggèrent que la maîtrise du numérique n’est pas forcément synonyme de sagesse numérique. De plus, la tranche d’âge des 30-44 ans surpasse toutes les autres, probablement parce qu’elle allie maîtrise du numérique et expérience en ligne.

Comment le NPT reflète-t-il la résilience mondiale face aux cybermenaces ?

Le National Privacy Test 2026 dresse un tableau cohérent dans tous les pays participants. Les internautes semblent disposer de connaissances solides sur la confidentialité en ligne, mais ces connaissances se traduisent rarement par des actions concrètes. La sensibilisation aux menaces spectaculaires et médiatisées (deepfakes, logiciels malveillants, fraudes bancaires) est élevée presque partout. Pourtant, c’est au niveau des habitudes basiques du quotidien, comme le stockage sécurisé des mots de passe, la mise à jour régulière des applications et la prudence vis-à-vis des QR codes, que la plupart des personnes interrogées présentent des lacunes.

Étant donné que ce test diffère de ses éditions précédentes (avec notamment de nouvelles questions sur les risques liés à l’IA), il est difficile de comparer les résultats de cette année aux données des tests antérieurs. Cependant, l’écart entre les menaces que les internautes identifient et celles auxquelles ils sont réellement exposés semble se creuser.

Vous pensez obtenir un meilleur score ? opens in a new tabPassez le National Privacy Test opens in a new tab et évaluez vos connaissances. Et si vous souhaitez avoir une vue d’ensemble, consultez les résultats mondiaux pour tous les pays dans le opens in a new tabrapport NPT 2026 opens in a new tab.

Les ressources relatives à cette étude sont disponibles en intégralité ici opens in a new tab.

Également disponible en: Dansk,Deutsch,English,Español Latinoamericano,Español,Suomi,Italiano,日本語,Nederlands,Norsk,Polski,Português Brasileiro,Svenska.

Delphine Lacour | NordVPN

Delphine Lacour

Curieuse à propos des nouvelles technologies, Delphine Lacour s'intéresse aux usages des internautes au quotidien et aux problématiques de cybersécurité. Elle s'attache à partager un maximum de contenu pertinent pour partager cet intérêt avec le plus grand nombre.